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Communiqué sur l’UNEF & Espaces Non Mixtes

Intérêts éducatifs et politiques des espaces non mixtes !

La présidente de l’Unef (syndicat étudiant) Mélanie Luce a dit à la Radio le 17 mars dernier que, comme pour les femmes victimes de discriminations, le syndicat « organise des réunions pour permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu’elles subissent ».
Depuis les réactions sont nombreuses et véhémentes. Des élus républicains ont déposé plainte tout en demandant en cas de condamnation au ministre de l’intérieur d’en tirer les conséquences et de dissoudre le syndicat. Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse et Sports se dit de réfléchir aux dispositifs légaux pour interdire les espaces non – mixtes.

Des espaces non mixtes de fait existent depuis toujours !

Les espaces publics sont en général des espaces non mixtes de fait, ils appartiennent majoritairement aux hommes : à titre d’exemple, les espaces de pratiques sportives publics sont occupés à 94 % par des hommes, certains cafés le soir en particulier... Même si ces lieux sont ouverts aux femmes, y aller, c’est s’exposer à la pression masculine collectivement acceptée comme norme de fonctionnement.(couper la parole, parler fort, draguer, faire des blagues sexistes…). A cela, on peut ajouter que le temps de parole des femmes dans les médias (télévision et radio confondus) est de 20 % et en réunion professionnelle /espaces formels de 25 %. De même, dans les sphères politiques, la part de femmes sénatrices est de 29,2 % ; et la liste des exemples est encore longue.

Même quand le groupe n’est pas déclaré non mixte, il l’est quasi-exclusivement. Cette photos du MEDEF démontre que le groupe est blanc avec un % d’homme de plus de 50 ans très majoritaire. C’est ce que l’on peut appeler un groupe non mixte de fait !

Des espaces non mixte : un outil !

Les espaces non mixtes ne sont pas un projet de société, ils répondent déjà dans un premier temps à un besoin. Ce n’est donc pas un objectif en soi mais un besoin de pouvoir échanger sereinement de sa situation, d’analyser, de partager des envie, des actions avec des personnes qui ont un vécu commun lié à une discrimination commune vécu.

Depuis plusieurs années déjà, nous sommes au travail sur la création d’espace non-mixte de genre dans le champs éducatifs. Cet outil peut permettre de répondre à différentes problématiques : absence de jeunes filles sur les espaces jeunes (la création d’un espace temps non mixte permettant alors aux jeunes filles de s’approprier l’espace, de créer des relations avec les animateurs.trices…), ou encore lors d’intervention sur la sexualité dans des classes de collèges ou de lycée.

Les espaces partagés en non mixité favorisent la construction individuelle, une meilleure connaissance de soi et amènent à se sentir plus apte à rencontrer l’autre. Ces moments privilégiés deviennent un réel espace de parole quand les espaces mixtes ne le permettent plus du fait des pressions masculines qui nient la place des filles.

Les temps en non-mixité peuvent être à la fois des espaces ponctuels, mis en place à la demande du public concerné et/ou sur propositions des encadrants et encadrantes, et des espaces qui s’inscrivent dans le temps. Ce temps varie selon les besoins, les envies et la durée nécessaire à l’acquisition d’une autonomie personnelle.

Ces espaces permettent de mieux vivre en mixité, car celle-ci est souvent un espace ou vit deux groupes : les garçons et les filles. En effet, l’éducation étant encore différenciées au niveau du genre, nous assistons donc dans notre travail (instituteur.ice, éducateur.ice, animateur.ice) à deux groupes qui se forment dont les pratiques de jeux sont différentes. Loin de mettre les parents en cause, il s’agit là d’une construction sociale, où la socialisation permanente de l’enfant à travers les différentes sphères qu’il côtoie, aboutissent à un formatage. Dès le plus jeune âge, les enfants sont conditionnés selon leur genre à des comportements, envies, attitudes procréées par des modèles dit de "normalité". Ainsi les livres pour enfants, les rayons de jouets dont la couleur rose indique qu’il s’agit du rayon de fille et le bleu pour les garçons, la dichotomie que l’on suggère dès le plus jeune âge aux enfants en les appelant à des jeux différenciés selon leur genre…

Tout cela prédispose de ce que deviendront les enfants en grandissant, des codes et des normes qui dicteront leur conduite vis à vis des autres et plus encore de l’autre genre. Les espaces non mixtes permettent aux groupes ainsi constitués selon le genre de se rencontrer, échanger et se connaître autrement en minorant la jalousie, la compétition… Plus encore, le fait d’être entre personnes de mêmes genres rend plus facile les discussions sur la sexualité, les sentiments et comportements souvent dits "féminin" ou "masculin". Nous pouvons alors réellement entamer un travail autours des visions d’être un homme ou d’être une femme.

Le sexisme, le racisme, le validisme... ne répondent pas aux mêmes logiques, mais les outils d’émancipation (dont la non mixité) qui ont faire leur preuve dans le féminisme et le champ éducatif sont transférables à l’ensemble des formes d’oppression.

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CEMEA Pays de la Loire - 21/03/2021

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