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Qualiopi, la démarche qualité de nos formations

Qualiopi, une démarche pour améliorer la qualité de nos formations ? Ou, quel est le prix à payer pour avoir été certifié Qualiopi ?

Ce pourquoi nous devenons formateur·rices réside dans la relation aux stagiaires, dans notre travail à faire vivre des projets et des formations qui ont du sens. Ce qui nous anime c’est de vivre et de faire vivre l’éducation populaire et l’éducation nouvelle pour aller vers un monde plus juste, où les personnes conscientes de leur place dans la société auraient envie de la faire changer, de défendre leurs droits et pourquoi pas même d’en créer d’autres.

Ce qui nous porte c’est d’accompagner des stagiaires à devenir animateur·rices, à occuper de nouvelles fonctions, à comprendre les enjeux et le monde qui les entoure, pour qu’ils accompagnent leurs publics dans le même sens.
Ce qui nous porte c’est d’agir dans le cadre des structures d’alternance, agir dans une démarche d’éducation populaire s’intégrant dans les projets éducatifs des structures.

Notre travail consiste à permettre la réflexion, l’agir et la rencontre.
Alors, quand nous avons découvert la « démarche qualité Qualiopi », on s’est dit « oh non, encore un truc qui va nous prendre du temps et nous obliger à changer nos manières de faire ! »



Qualiopi, c’est quoi ?

La loi du 05 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » oblige les organismes de formation, quelque soit le champ d’activité, à être certifiés pour pouvoir bénéficier de fonds publics et mutualisés. Pour cela, les organismes de formation doivent prouver qu’ils répondent aux 7 critères et 32 indicateurs de la démarche. L’audit, c’est-à-dire le contrôle des preuves, est réalisé par un organisme indépendant et son tarif est calculé en fonction de la taille de l’organisme de formation. Donc tous les 3 ans, les organismes paient pour avoir le droit d’être des organismes de formation et ils repaient tous les 18 mois pour un contrôle allégé.
Selon le site du ministère du travail, « la marque « Qualiopi » vise à :

  • attester de la qualité du processus mis en œuvre par les prestataires d’actions concourant au développement des compétences ;
  • permettre une plus grande lisibilité de l’offre de formation auprès des entreprises et des usagers. »
    Il s’agirait donc de mieux référencer nos formations et de mettre en œuvre un processus de qualité, voire être une démarche d’amélioration permanente de la qualité.



Et pour nous aux Ceméa, ça veut dire quoi ?

C’est 2 ans de travail au niveau national pour déchiffrer les critères et défricher la mise en œuvre.
Aux Ceméa Pays de la Loire, c’est aussi 2 ans de travail pour s’approprier de nouveaux outils de gestion, pour archiver le plus efficacement possible les documents obligatoires, pour harmoniser les documents administratifs, pour formaliser des procédures de travail et quelques mois de préparation de l’audit avec une mobilisation des permanent·es (salarié·es) et des militant·es.
En avril, lorsque nous avons obtenu un audit positif, nous étions bien content·es d’être maintenant certifiés Qualiopi.



Ce travail pour obtenir cette certification laisse un goût doux-amer.

En effet, depuis quelques années, nous faisons le constat que, tant dans le milieu de la formation que dans celui de l’animation, nos métiers se bureaucratisent. Nous passons de plus en plus de temps sur des tâches administratives, à répondre à des injonctions, à des contrôles divers et variés dans les délais imposés et ce en jonglant d’une plateforme internet à une autre.
Les labels, les habilitations, les agréments sont incontournables et imposent chacun leurs règles, leurs conditions. Nous nous retrouvons parfois entre différents services, différents agents, dans des injonctions contradictoires mais nous devons « faire avec ». Nous avons parfois le sentiment de subir ici une nouvelle réforme, là un nouvel outil numérique, sans avoir prise, sans pouvoir refuser, sans que cela prenne en compte nos réalités.

Cette bureaucratisation nous demande une grande technicité alors que nous nous voyons comme des artisans de la formation, des professionnel·les qui font le choix de devenir formateur·trice. Un collègue disait, fin 2018, « la bureaucratisation est une culture qui de fait vient alourdir la relation à l’autre et il nous faut y prendre garde ».
Le travail que nous demande cette certification vient alourdir nos agendas au détriment du temps passé à décrypter les difficultés des stagiaires, de temps collectifs de préparation des formations, de temps à entretenir les relations avec les partenaires, les tuteur·rices, à analyser l’évolution des métiers et des contextes de travail. Cela nous oblige aussi à repenser nos équipes en recherchant des compétences techniques particulières sans doute parfois au détriment du sens et des valeurs.
Si nous n’avons pas l’impression que cette certification vienne améliorer la qualité de nos formations, nous pouvons quand même reconnaître qu’elle nous a obligé à regarder et à améliorer nos procédures de travail, nos outils, notre communication.
Mais à quel prix ?

Bien sûr que nous avons à cœur d’améliorer la qualité de nos formations et nous n’avons pas attendu qu’on nous l’impose. Nous continuons d’ailleurs à nous poser des questions sur le sens de nos actions, sur la cohérence de nos formations avec les réalités des structures d’animation. Mais nous sommes aussi inquiet·es du développement du numérique et du distanciel dans les formations. Les questions de rentabilité prennent une place centrale. Nous participons, contre notre volonté, à l’accroissement de la rentabilité dématérialisée de la formation professionnelle et surtout à terme à des salariés qui se formeront en distanciel sur leurs temps libres. Nous sommes tiraillé·es entre les logiques économiques imposées par notre société et nos valeurs d’éducation populaire et d’éducation nouvelle. Notre souhait est de conserver cet outil de la formation qui est le notre pour changer ce monde.
Alors ami·es équilibristes, continuons à résister tant que nous le pouvons et à porter un regard critique toujours sur ce qu’on veut nous imposer.

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