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Témoignage sur la vie et la situation de la jeunesse Palestinienne

Témoignage sur la vie et la situation de la jeunesse Palestinienne

Réunion Collectif Éducation Populaire et Palestine
Pays de la Loire
08 Octobre 2010

Je m’appelle Mohammed Naser Asmar, j’ai 21 ans, je suis né à Naplouse dans le camp de réfugiés d’Aska. Quand je suis né c’était la fin de la première Intifada, et mon père après six ans a été libéré de prison ; la raison était qu’il était un Palestinien qui essayait comme tous les palestiniens de défendre son droit de vivre dans la liberté, la sécurité et la paix. Ma famille a changé de maison plusieurs fois à cause de la situation et nous avons déménagé au vieux Askar qui est seulement à deux Kilomètres du nouveau camp d’Askar là ou je suis né. La vie quotidienne en Palestine est difficile et la souffrance que beaucoup de Palestiniens vivent quotidiennement est bien réelle. Par exemple quand on va à l’école on doit marcher au moins 1 kilomètre pour y aller dans la chaleur et sous la Pluie, en plus du danger que les enfants vivent à chaque fois qu’ils vont à l’école car elle n’était pas très loin de la rue principale qui va à la colonie ‘’Alone Moreh’’ là ou beaucoup d’enfants Palestiniens ont été tués par les soldats et les colons Israéliens. Pendant la deuxième Intifada quand j’avais 14 ans, les Israéliens ont attaqué toutes les villes Palestiniennes et aussi le camp d’Askar en 2002. J’étais avec ma famille à la maison sans père et j’étais le responsable de cette famille pendant que mon père n’était pas avec nous. Mon père était parti visiter mon grand père et pendant qu’il était chez mon grand père les Israéliens ont envahi le camp, pendant 21 jours nous ne savions pas si mon père était vivant ou mort, il n’y avait ni électricité ni eau ni communication avec le monde extérieur . Après 21 jours de couvre-feu les Israéliens ont enfin permis aux Palestiniens de sortir de chez eux pour 2 heures, nous attendions que mon père revienne à la maison. Mon père est en fin revenu, il était chez mon grand père pendant 21jours dans une seule pièce, inquiet pour nous.

27 jours plus tard et après que l’invasion était finit, j’ai été blessé par une explosion de mine mis par les israéliens dans un petit stade de football à côté de la maison, il y avait avec moi mon petit frère de 8 ans et quelques amis. Je n’ai pas pu aller à l’école pendant un mois et demi à cause de ma blessure, mais le pire était la démolition de note petite maison dans cette période par les Israéliens, ils sont venus avec leurs Jeeps vers 2 heures de matin et ils ont sorti tout le monde de leurs appartements dans l’immeuble ou il y avait un ‘’Palestinien recherché’’ par les Israéliens. Tout le monde s’est réveillé et est sorti de sa maisons, puis les soldats sont entrés dans l’immeuble pour chercher cette personne mais ils ne l’ont pas trouvé, ils ont décidé de bombarder l’immeuble, comme ça si il est dedans il ne va pas sortir vivant. Nous avons fini sans maison alors les gens nous ont aidé a trouver un endroit pour dormir et rester jusqu’à ce qu’on trouve une maison, mais ce qui était dur et plus difficile pour nous c’est la situation de ma sœur, qui avait dans ce moment les examens à l’université, nous avions peur que ces circonstances difficiles affectent négativement ses études, et nous étions surpris qu’elle ait réussi et a obtenir un bon taux de 77% malgré la mauvaise situation qu’elle a vécu dernièrement. En générale cette période était très difficile pour moi et pour mes frères et sœurs, et ma famille avait très peur qu’on ait des problèmes psychologiques à cause de tout ce qu’on a vu de problèmes et difficultés de vivre. Mais avec l’aide de ma sœur, ma mère et mon père nous avons réussi à surmonter ces problèmes là.

Pour ce qui est de ma vie dans le milieu associatif et le travail social, j’ai commencé après cela à chercher à faire quelque chose pour mon pays ma société et les enfants, j’avais à cet époque 16 ans, je suis allé avec des amis à moi au centre de développement social à Askar, j’ai rencontré des autres amis qui sons venus pour la même raison, nous avons commencé notre travail bénévole dans un groupe de danse Palestinienne (Dabka) et nous avons commencé à apprendre cette danse et à faire des spectacles. Un an plus tard l’entraineur du groupe devait arrêter sont travail avec nous, puis le directeur du centre monsieur Amjad Rfaie m’a dit qu’on devait continuer le travail du groupe de danse parce que c’était très un très bon travail ce qu’on faisait et il m’a proposé de prendre la place d’entraineur, moi. J’avais très peur mais j’ai accepté parce que je voulais que ce groupe continue le travail. Notre travail dans les ateliers et les activités sociales avec les enfants commencent, nous travaillions avec des enfants qui avaient des problèmes psychologiques à cause de la mauvaise situation qu’ils ont vécue. Nous avons commencé à aimer notre travail de plus en plus car pour nous, cela représentait la vraie résistance et nous nous considérions comme des soldats qui défendent leur terre par les activités que je faisais avec mes amis.

La situation est très difficile pour la jeunesse Palestinienne, et pour la société palestinienne en général. La plupart des étudiants qui viennent des villages n’ont pas les moyens de prendre un logement en ville pour suivre leurs études et doivent donc faire l’aller-retour chaque jour ; mais les nombreux check-points les empêchent parfois d’assister à leurs cours ou d’être à l’heure.

Les échanges culturels avec les CEMEA et les autres associations partenaires sont très importants pour nous ; la plupart des jeunes qui ont participé à l’échange de cet été ne connaissaient pas la situation en France et ils ont vu la différence entre la liberté de circuler par exemple entre ici et les pays Européens, et le calme pendant la nuit en Europe. C’était comme un rêve pour eux de vivre et de voir la situation actuelle en comparaison avec les check points. Au retour en Palestine les jeunes qui sont venus en France sont devenus des responsables et leaders des groupes des enfants dans le centre.

L’importance de l’échange culturel pour moi et pour la jeunesse en Palestine ce sont des expériences et des occasions d’apprendre la culture des autres, et c’est très important pour les enfants qui ont participé à un des échanges culturel en Europe avec les CEMEA cette année parce qu’ils ont appris beaucoup de choses ce qui les a aidé à développer leur façon de vivre et de penser et à respecter les horaires par exemple.

A la fin, je tiens à remercier les CEMEA et tous ceux qui ont travaillé sur le projet d’échange culturel et de jeunes, aussi tous ceux qui ont travaillé sur mon projet SVE qui m’a permis d’être parmi vous maintenant pour participer aux projets et activités d’une association comme CEMEA, aussi afin de servir les jeunes qui ont pas encore eu la chance de participer aux projets d’échange culturels, en espérant que tous ceux qui souhaitent participer aux projets d’échanges culturel de jeunesse vont un jour réaliser leurs rêves ; Bien sur quand je vais rentrer en Palestine je vais travailler à développer le programme d’échanges culturel pour aider et servir la société Palestinienne. Je voudrais dire aussi que nous devons continuer ce genre de travail qui cherche à développer différentes façons de faire dans la société et ce pour être capable de dépasser les difficultés.

Note : dans cette lecture j’ai raconté mon histoire et ce que j’ai vécu en tant que jeune palestinien, mais en fait c’est la vie d’une seule personne en Palestine, et peut être que j’ai de la chance de vivre la vie que j’ai vécu car il y a beaucoup de Palestiniens pour qui la vie est beaucoup plus difficile que la mienne.

Cordialement,

Mohammed Asmar
8-10-2010

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