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Psychiatrie : les Ceméa réaffirment leurs valeurs et orientations

Dans le cadre de leur dixième Congrès, à Aix en Provence, qui s’est achevé le vendredi 27 Août 2010, les Ceméa , signataires de « l’Appel des 39 » et membre du collectif « Contre la Nuit Sécuritaire », ont projeté le documentaire de Philippe BORREL : « Un monde sans fou ».
Devant les congressistes, lors de cette soirée de cinéma en plein air, ce fut l’occasion pour Dominique BESNARD, Directeur du département des Politiques et Pratiques Sociales des CEMEA, pendant le débat qui a suivi, de rappeler « l’ancrage historique des CEMEA dans le modèle de la psychiatrie de secteur dont les deux principaux fondements sont : la prise en compte de la personne en souffrance psychique dans sa globalité et la continuité des soins par une équipe pluri professionnelle. »

Dominique Besnard a souligné que « l’amalgame fait par le Président de la République lors de son discours du 02/12/2008 à l’hôpital d’Antony, de la folie et de la criminalité, discours qui a été à l’origine de cette appel des 39, a jeté un discrédit sur tout le corps professionnel des soignants, mais surtout sur les centaines de milliers de personnes souffrant de troubles psychiatriques et suivis au quotidien par les équipes de secteur ».

Le film de P. BORREL rappelle la philosophie du modèle de la psychiatrie de secteur, humaniste et désaliéniste, dont faut-il le rappeler la naissance prend appui en réaction à deux évènements majeurs de notre histoire : le nazisme et l’horreur des camps et les 40000 malades mentaux morts de faim pendant la période de l’occupation.

Mais ce film montre aussi les approches actuelles neuro-scientistes et cognitivistes inspirées par les recherches sur le cerveau, approches qui ne sont pas rejetées a priori par ceux qui pensent la complexité de l’être humain. « Pour autant ces découvertes et recherches ne sont pas la panacée et ne peuvent devenir le modèle de référence dominant », a précisé Dominique Besnard.

Aujourd’hui les CEMEA soulignent que les dérives d’un abandon de cette conception d’une psychiatrie au service du public, portées il est vrai aussi par des soignants, répondent aux pressions des laboratoires et des chercheurs en neurogénétique et spécialistes du cerveau. Les CEMEA dénoncent cette posture qui a pour seul but d’imposer une approche des maladies mentales qui nie la dimension existentielle des troubles mentaux. Tout trouble et maladie mentale psychiatrique ne serait que dérèglement des parties des zones du cerveau qu’il suffirait donc d’éradiquer et plus de prédire si possible !

Contre les approches sécuritaires

« La prise en charge au long cours des personnes malades n’est plus acceptable dans ces approches, d’autant qu’elles portent en elles la disparition même de la notion de folie au profit de la santé mentale, qui pour le coup renvoie à une lecture sociale de ces troubles. Le culte de la performance, dont l’économie néolibérale se prévaut, suppose l’adaptation du plus grand nombre de la population. Les autres, les plus faibles, les malades deviennent alors des freins. Il n’y a alors qu’un pas du traitement des maladies mentales, au contrôle des troubles du comportement et à la délinquance potentielle de certaines catégories de la population. » Telle est l’analyse faite par Dominique Besnard lors de ce débat.

La science au service d’une politique sécuritaire, voilà ce que les CEMEA dénoncent, ce qu’ils combattent et qu’ils ont rappelé lors de leur congrès.

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