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On continue. Et combien de temps encore ?

Les années se suivent et se succèdent avec une certaine logique que ce soit en matière d’éducation, de migration, d’environnement ou encore en terme de politiques dans les quartiers populaires.

Nos mouvements d’éducation ne sont pas des forces politiques au sens premier du terme (à proposer des alternatives politiques concrètes) Pour autant la situation ne peut que nous interpeller. « Nous » construisons un monde qui nous inquiète, qui nous interpelle. Alors faisons un petit tour subjectif sur l’été passé.

Éducation

En matière d’éducation la conférence de presse du 2 Août du 1er ministre et du ministre de l’Éducation Nationale est presque passé inaperçue devant la campagne de dénigrement sur l’éducation sexuelle à l’école.

Une attaque en règle contre Malène Schiappa comme il y avait quelques années on avait les attaques contre Najat Vallaud-Belkacem. Sans défendre forcément leurs politiques, force est de constater que les attaques qu’elles subissent ou ont subies sont injustifiées. Elles sont attaquées par toute la France réactionnaire parce qu’elles sont des femmes et qu’elles osent aborder des questions autour du genre et de la sexualité. Oui une éducation sexuelle est nécessaire ! Les adolescent-es parlent entre eux et elles de sexualité depuis bien longtemps. Internet a permis un accès aisé au site porno de tout genre montrant des relations non consenties, une femme objet, une sexualité limitée à des pénétrations phalliques comme si le plaisir sexuel pouvait se résumer à cela !

Dans trop de familles parler de sexualité reste tabou. Trop de père, de mère et de fille ne parleront pas des règles et seront obligé de lui donner un nom plus ou moins imaginaires pour aborder le sujet ! Oui parler de sexualité à l’école, dans nos centres de vacances, centres sociaux est une nécessité ! Pour ne pas rester ignorant, pour parler de l’importance de relations consenties, pour parler des relations interdites (entre un adulte et un enfant par exemple), pour traiter toutes les questions que l’on peut se poser.

Il n’est pas question d’aller au-delà des questions posées. Mais quand un enfant pose une question (comment arrive les enfants ? Il y a quoi après la mort ?…) c’est que l’enfant est prêt à entendre la ou les réponses. Et même si on ne va pas tout dire en détail, inutile de parler de choux ou de roses… Parler de sexualité mais d’une manière globale de genre !

Notre action autour des questions de genre se fonde autour de deux principes :

  • la reconnaissance sociale du genre. Être un homme ou une femme n’est pas naturel, c’est une construction sociale
  • l’éducation différenciée des personnes, qu’on leur ait assigné un sexe dit biologique féminin ou masculin, a une place fondamentale dans cette construction.

Tout ceci se traduit par l’accueil et le respect de toute personne quels que soient son/ses genre/s, orientations sexuelles,… dans nos espaces éducatifs.

Pour revenir sur la conférence de presse du 2 août, il faut dans un premier temps passer la question de la langue de bois : « Le gouvernement cherche à faire de profondes transformations, pas de petites économies, à mieux organiser notre système éducatif pour que les moyens consacrés par la Nation à cette première priorité permettent la réussite de tous les élèves » Cette phrase peut être resservies tous les ans et pendant des décennies. Mais à y regarder de plus près, sans avoir les mesures concrètes, nous pouvons repérer que nous allons poursuivre la libéralisation de l’Éducation Nationale.

On parle de changements nécessaires au niveau du professorat : on parle d’aborder un changement de rapport avec l’évaluation et de son application au sein du corps professoral, de la liberté de recrutement des directions d’établissements…

Quartiers populaires, migration et environnement

Début Juillet Nantes a été sous les feux de l’actualité mais aussi au premier degré. Les CEMEA ont décidé de réagir. Réagir pour tenter une analyse, tenter d’impulser une réflexion en terme d’éducation populaire.

Ci-joint notre communiqué diffusé à cette occasion en juilet : L’éducation populaire pour interroger les violences.

Au niveau des questions migratoires, nous pourrions parler de la Loi Collomb- Macron avec les impacts sur les demandes d’asile (réduire les délais, réduire les droits), sur la lâcheté européenne, sur les raisons fondamentales des migrations, sur l’État qui renvoie la responsabilité sur les collectivités…

Pour nous ces questions sont à traiter. Mais ce qui passe au-dessus de ces considérations c’est avant tout une posture, une éthique politique. Une considération égalitaire de l’autre.

Mais l’été c’est aussi comme souvent les questions de météo, avec des constats qui s’accumulent comme les sottises. Dans ces florilèges de « conneries » Trump est un acteur redoutable : « les incendies en Californie ont lieu à cause des écologistes qui défendent le reboisement... »

Nous pourrions continuer ainsi à commenter l’actualité. Mais ce qui peut nous questionner en tant que mouvement d’éducation : qu’est ce qui fait que l’on y a va ? Que l’on ne réagit pas collectivement ? Comment expliquer notre inertie collective, notre refus collectif de voire la vérité ?

Sur les questions écologiques, les signaux d’alarmes sont multiples (un film là, une pétition ailleurs, un communiqué de scientifiques...) Et pour autant peu de chose change. Nous vivons concrètement le syndrome de la grenouille cuite. Et la démission de Hulot ne fait que confirmer les choses.

La métaphore de la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite. Une grenouille nage dans une marmite d’eau. Un feu est allumé sous la marmite de façon à faire monter progressivement la température. La grenouille nage sans s’apercevoir de rien.

La température continue de grimper, l’eau est maintenant tiède. La grenouille s’agite moins mais ne s’affole pas pour autant. La température de l’eau continue de grimper. L’eau est cette fois vraiment chaude, la grenouille commence a trouver cela désagréable, elle s’affaiblit mais supporte la chaleur. La température continue de monter, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50 degrés, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite. Cette expérience montre que, lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart de temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

Bien que l’expérience soit controversée et que la thèse soit sujette à discussion, la métaphore de la grenouille traduit le phénomène d’habituation et de passivité dans un environnement qui se dégrade progressivement. On pourrait prendre d’autres métaphores comme celle de « faire l’autruche » Nous avons toujours tendance à choisir le gain à court terme et à ne pas regarder le long terme, à ne pas regarder le mur qui s’approche malgré tout au fil des années.

Tous les éducateurs et éducatrices (enseignant-es, animateurs/trices, éducateurs/trices, soignant-es, parents…) doivent donc agir et trouver les leviers pour inverser ces tendances. Il convient de rompre cette logique de déni, de susciter la créativité, la prise de risque, les prises de conscience, l’envie d’agir. C’est une réelle bataille culturelle que nous devons remporter.

Documents joints

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