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« Nous avons gagné la bataille idéologique » François FILLON
Education Nationale
D’une politique d’Etat qui vient de retirer aux grandes fédérations d’Education Populaire les moyens de leur existence en diminuant de 25% (2008 et 2009) les subventions liées aux actions complémentaires qu’elles conduisaient en lien avec le Ministère de l’Education Nationale. De plus, Xavier DARCOS, après avoir conduit la suppression des enseignants mis à disposition, annonce la suppression de la compensation financière des enseignants détachés. Pour les CEMEA (mais aussi la Ligue de l’Enseignement, les Francas, les PEP...) cela représente une baisse des subventions de 60% en 2010 !
La suppression des MAD et des détachés c’est revenir sur une mesure de 1947, de De Gaulle...
Jeunesse, sports et vie associative
Le programme Sport du projet de loi de finances 2009 augmente de +6,2% (2008 +1,4%) pendant que le programme Jeunesse et vie associative 2009 diminue de -11,2% (2008 -2,6%).
Au sein du programme JVA (Jeunesse et vie associative) la ligne « soutien national aux réseaux associatifs » passe de 11M d’euros à 10,5 (-11,5%) et au sein de cette ligne les conventions pluri annuelles d’objectifs baissent de 15%.
Agriculture et animation rurale
Pour l’agriculture c’est la suppression pure et simple de la ligne « Animation rurale » donc plus de subventions du tout et plus de postes FONJEP. Cela veut dire qu’il n’y a plus aucune subvention, ni aucun poste FONJEP pour les Foyers Ruraux, les MRJC, les Familles Rurales… Le Ministère se désengage complètement des actions d’animation pour se concentrer sur le noyau dur de l’agriculture et de la pêche.
Globalement les subventions aux associations diminuent de 87% ! Dès 2009 ! Le président des Foyers Ruraux déclarait « L’histoire devra-t-elle retenir que c’est au moment où le chef de l’Etat français, fait sans précédent à notre connaissance, reconnaît sans ambiguïté l’utilité sociale, civique, citoyenne, des acteurs de l’éducation populaire, que certaines d’entre eux seront contraints de déposer leur bilan et de cesser leur activité... »
Ministère des affaires sociales
Aux Affaires Sociales, les CPO semblent maintenues, mais il y a une programmation de suppression de 600 postes FONJEP, en trois ans (200 dès 2009).
Ministère de l’Intérieur et politique de la ville
Il en va de même au Ministère de l’Intérieur avec l’annonce de la réforme de la dotation sociale urbaine (DSU) qui va à l’encontre du « plan espoir banlieues » présenté l’année dernière par le Président de la République. C’est tout l’accompagnement culturel et social dans les quartiers qui va être touché donc beaucoup d’associations d’éducation populaire qui agissent dans ce cadre là.
Le texte de présentation du programme budgétaire du Ministère de la Jeunesse et des Sports explique les choix en ces termes : « Dans le secteur de la jeunesse et de la vie associative, l’effort budgétaire sera maintenu en 2009 » C’est le nouveau français budgétaire : « maintenu » cela veut dire -11,2%. Alors si on dit « baisse » c’est combien de % ?
Le Président de la République n’hésite pas à qualifier notre action de « remarquable » lors de sa visite au Centre de Vacances de la Ligue à Batz sur Mer (44) le 24 juillet 2008. Le Président a profité d’une rapide table ronde sur le thème des vacances pour tous pour remercier chaleureusement les acteurs de l’éducation populaire pour le « travail remarquable » qu’ils faisaient et a indiqué qu’il soutiendrait l’éducation populaire « de façon totale » et qu’il mettait en œuvre les moyens pour la développer.
Le problème avec ce Président et ce gouvernement c’est qu’il n’y a souvent aucun lien entre les paroles, les déclarations et les actes. Et quand on voit le plan Paulson volant au secours des banques et du grand capital mais qui laisse dans la misère des millions de citoyens abusés, manipulés, trompés la nausée pourrait arriver.
Pour le ministre Darcos, deux écoles de pensée existent dans le grand monde de l’éducation : le pédagogisme et le Sarkozisme. Et tous ceux qui contestent sa politique sont rangés dans la catégorie des « pédagogistes » avec des mots très durs… Tout cela est caricatural et démagogique, mais annonçait bien la volonté d’affrontement et traduit aujourd’hui dans les actes que l’on connaît.
Les syndicats doivent se positionner ce qui n’est pas forcément gagner d’avance en particulier au niveau des fédérations nationales. Les mobilisations autour du 19 Octobre dernier ont pu illustrer cette complexité. Il faut dire que l’appel « L’éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous » ne satisfait pas du tout les associations complémentaires de l’école. Ce texte fait complètement l’impasse sur l’éducation globale et les associations complémentaires en centrant tout sur l’école « entre les murs » et les moyens en postes. Pourtant, nous avons fait des propositions qui n’ont pas été retenues. On retombe là dans les vieilles ornières.
Les collectivités territoriales vont connaître un étranglement financier en 2009, 2010... Le 29 et 30 Octobre dernier les Présidents des Conseils généraux (de l’UMP au PS) réunis à Orléans faisaient ce constat. D’une part il faut noter :
Dès lors, les collectivités locales, de gauche comme de droite, sont devant un dilemme redoutable : augmenter les impôts locaux et prendre le risque de l’impopularité ou abandonner certaines politiques publiques. Pour les collectivités territoriales cela risque de réduire leurs actions à leurs compétences spécifiques et donc réduire ou annuler les subventions volontaristes sur des projets de loisirs, de solidarité...
Crises économiques
Les banques françaises subissent déjà les effets de la faillite de Lehman Brothers. Elles ont chiffré leur exposition à la banque d’affaire américaine à plusieurs millions d’euros : 405 millions pour BNP Paribas, 479 millions pour la Société générale, 376 millions pour Natixis et 270 millions pour le Crédit agricole. Dexias, groupe financier franco-belge, a investi 2,3 milliards d’euros mais une partie (1,8 milliard) est garantie par des actifs que Lehman lui a apportés en gage et qui la protège en cas de défaillance de la banque américaine. Même filet de sécurité pour Naxitis, à hauteur de 267 millions d’euros.
Nous vivons une politique avec un effet de dominos. De la crise des banques, nous allons connaître une période de récession... De cette période de récession va arriver une période de chômage...
Au bout de la chaîne nous savons qui va subir la crise...
Les recours massifs aux marchés publics, la LOLF (lois des finances) répondait entre autres à un objectif de rationalisation et de contrôle des subventions. Mais la généralisation d’une telle politique a des effets inévitables :
« Les exemples témoignent d’une banalisation certaine du fait associatif en lui appliquant les mêmes règles qu’aux sociétés commerciales. Cette généralisation de la commande publique touche les fondements mêmes de la vie associative. Si il faut 10 ans pour construire un vrai réseau de bénévoles, il suffit en effet de quelques mois pour le faire disparaître. La logique gestionnaire induite par la commande publique menace ces réseaux de sociabilité et de convivialité essentiels à la cohésion sociale. De plus, une telle évolution pousse les associations à entrer en concurrence entre elles sur les territoires. La logique purement économique de survie financière aboutit à une concentration des opérateurs, sans égard pour la diversité des projets et des territoires. C’est donc les capacités d’innovation, d’adaptation, de co-élaboration et d’expérimentation des associations qui sont remises en cause. » CPCA 3 octobre 2008
Dans ce contexte nous devons maintenir notre action. Nous devons maintenir notre présence. Nous devons même la décupler. Dans ce contexte nous devons résister contre ce mouvement de destruction des associations d’éducation populaire.
La mobilisation doit se construire. C’est ainsi que nous nous mobilisons. Vous pouvez consulter le sitecollectif national :
Les axes d’actions sont les suivants :
CEMÉA Pays de la Loire - 15 bis allée du commandant Charcot - 44000 Nantes
02 51 86 02 60 - accueil[a]cemea-pdll.org