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Bilan mitigé d’un été pour le droit aux vacances

Nous n’avons pas encore de chiffres fiables. Certains parlent de 1,1 millions d’enfants sur des centres de vacances en reprenant les chiffres de l’été 2011. Certains parlent de 1 050 000 enfants, d’autres parlent d’un passage symbolique et quelque peu tragique sous la barre du million d’enfants.

La prudence sera de mise dans l’interprétation et l’analyse des différents chiffres. Il faudrait prendre en compte l’évolution démographique des populations, les changements de modalités de calcul du ministère.

Néanmoins quelque soit l’exactitude des chiffres nous ne pouvons nous satisfaire de la situation. L’étude récemment menée – Automne 2011- par l’OVLEJ (Observatoire des Vacances et des Loisirs) et la JPA (Jeunesse au Plein Air) ne nous pousse pas à l’optimisme.

Les résultats de cette enquête sont éloquent même s’ils ne sont malheureusement pas surprenants. 3 millions d’enfants n’accèdent pas aux vacances et 2 millions n’ont aucune mobilité dans l’année. On peut aussi observer que le niveau de départ est marqué par des inégalités croissante. Ainsi par exemple pour les familles avec des revenus inférieurs à 1500 euros nous passons de 58% des enfants qui partaient en vacances en 2004 (plus de 4 nuits en dehors de chez soi) contre seulement 50% en 2011. 51 % des parents évoquent l’obstacle financier comme principale raison. Dans une situation de crises économiques et sociales, les loisirs et les vacances sont souvent les premiers secteurs sacrifiés.

Ce contexte intervient de plus dans un contexte paradoxal. Paradoxal parce qu’en parallèle nous connaissons des évolutions paradoxales pour les organisateurs :

  • Les normes d’accueils sur les bâtiments s’amplifient en permanence. Nous n’allons pas être contre la nécessité d’adapter les espaces d’accueil aux personnes en situation de handicap (2015). Par contre il est complètement absurde de créer une loi qui reste dans l’injonction sans donner les moyens financiers de mise en œuvre. Les organisateurs seront dans l’alternative soit de fermer le centre, soit de faire porter les charges financières aux familles.
  • La société de consommation (publicité, rapport à la consommation, à la possession, image véhiculée autour des loisirs et des vacances...) poussent à des séjours de plus en plus centrées sur des activités de consommation qui ont un réel coût ; souvent au détriment du budget pédagogique global (aménagements des espaces permanents d’activités...) et avec un coût croissant des séjours.

Nous sommes donc dans une situation paradoxale. Nous vivons une période de crise, de récession (les générations actuelles vivent avec moins de moyens que leurs propres parents...) Les familles expriment une réelle difficulté à permettre à leurs enfants de partir en vacances. Et en même temps les charges des organisateurs et donc les coûts des séjours augmentent ! Le phénomène est moins important mais existe aussi sur les centres de loisirs ! Il convient de réagir et de défendre un réel droit aux vacances et aux loisirs !

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